Je n'ai plus aucune idée de ce que signifie être en couple.
J'ai égaré cette notion au fil des ans, incapable semble-t-il, de faire perdurer mes relations. Peut-être que je ne cherchais pas à le faire d'ailleurs.
Je ne peux pas dire que c'est dû à un manque d'intérêt pour la situation, ni une crainte.
Simplement la systématique sensation de ne pas être à ma place, très vite.
Oh oui, très vite. Les choses se cassent invariablement la gueule, presque immédiatement. Comme si le voile était levé, et que par magie, il n'y avait plus personne derrière.
En tout cas, plus la personne que je m'attendais à y trouver.
C'est comme si je ne pouvais plus m'arracher à cette solitaire liberté que j'ai ancré en moi au gré des années qui passent. Ponctué de rencontres uniques ou fades. Mais toujours périssables.
Est-ce que cette liberté laisse un goût amer ? Peut-être un peu. Mais juste un peu.
Qui se targue aujourd'hui d'être libre et en couple ? Je ne crois pas en connaître. Toujours des règles à respecter, des ancres à lancer à bâbord ou tribord, des projets à formuler, des sacrifices à faire, des regrets à accepter, un rythme à calquer.
Tout ça est profondément chiant, au final. Comme si la vie ne nous en imposait pas suffisamment, on cherche à cadrer l'autre à sa façon. Des murs épais pour mieux retenir, se sentir serein et rassuré.
Et pourtant, la meilleure façon de garder l'autre près de soi, n'est-ce pas de lui faire sentir qu'il est profondément libre à vos côtés ? Qu'aucun lien ne le retient, mais qu'il reste uniquement parce qu'il le veut et que ça lui va.
Ouais. Mais qui peut se targuer de ça ?
Alors si tu veux m'étreindre, fais le. Mais dis toi que je suis insaisissable. Pour moi-même, déjà. Je ne sais pas comment je réagirai, ni comment je ressentirai le jour suivant. Il n'y a plus aucune règle qui s'applique.
Pas plus que pour la brise ne venant d'aucune direction en particulier. Tu peux la sentir glisser sur toi, entre tes doigts, tourbillonner autour.
Et puis vient cet instant ou tu ne la sens plus : Elle suis son chemin ailleurs, un peu plus loin.
Ca semble complètement con comme situation. Mais je ne vois qu'une autre brise, qui pourrait se joindre à ce jeu de solit'air.
jeudi 14 février 2013
mercredi 23 mai 2012
Les porcs d'attache. GrouiK.
Je me suis demandé si demain pouvait être meilleur que l'hier. Alors j'ai commencé à avancer. Comme un gamin en couche-culotte qui, fébrile sur ses guibolles, tente de se cogner la tête sur le bord de la table basse.
Juste pour voir.
Trébuchant, claudiquant, et repartant de plus belle. Puis ya un moment où t'y crois un peu plus, alors les foulées sont plus grandes, tout comme les risques.
Et tu te met à bousculer tout ce merdier sur ton passage. Ces gens, ces encombrements qui surgissent sur ton trottoir et qui chient sur les pavés. Tu fais place nette.
Et sans t'en rendre compte, t'en pètes des barricades en construction, tu fous en l'air ces rangements minutieux et fragiles, et tant pis. C'est tout ce que tu te dis en jetant un oeil sur ton sillon.
Mieux toi que eux, hein ?
Parce qu'au fond, tu les hais tous ces gens.
Tes amis, ta famille, tes collègues, ton facteur, ton dentiste et même tes coups d'coeur.
Et cette solitude, c'est finalement ça qui te fais avancer. Parce que tu n'aimes que toi, que tu ne te soucies que de toi, que tu ne cherches que ton propre bien. Les autres peuvent bien attendre. Ou crever. Ou attendre de crever.
Mais pas toi. Toi tu peux pas.
Puis y'a un moment où tu croises quelqu'un de spécial qui te rend spécial. Qui fait ressortir de toi le meilleur et qui expatrie le pire dans une galaxie lointaine, très lointaine.
Episode V : les emmerdes contre-attaquent.
C'est dans ces rencontres que tout change pour toi. Que tu te dis "putain, c'est enfin arrivé ! J'ai buté tous ces gens sur mon passage, dans mes tentatives atroces de sortir de ce foutoir. Alors ouais, j'suis prêt."
Et l'autre te dit merde.
Te dit que c'est chaud, que c'est les doutes, que c'est les emmerdes qui contre-attaquent et que rien n'est sûr. Que t'es sur une corde à linge, mais qu'on peut quand même essayer. Puis si tu tombes, ce sera la corde au cou, mais la nuque elle pète jamais sous le choc. Alors on y va, à l'aveuglette, sans certitudes, mais oui plein de doutes. Des kilotonnes de doutes. Des doutes et des redoutes et quand ça va mieux, c'est jamais pour très longtemps.
Mais c'est tout ce qu'il reste à faire. De tout laisser passer. De faire ce que tu peux. De tout donner. Te donner.
Tout en te demandant "putain, mais c'est quand que je vais me croûter ?"
Bin c'est toujours quand l'autre l'a décidé.
Parce qu'en fait c'est des conneries tout ça. Quand tout va bien, pourquoi ce serait forcément compliqué ? Y'a pas de raison qui légitime ça. C'est juste simple. C'est simplement bien. Et ces doutes ou ce passé qui s'accroche à ton cul comme un string velcro, c'est du flan.
Ça se balaye d'un revers de main. Si tant est que tu le souhaites.
Parce que ouais, quand on se regarde, tout est parfait.
Mais tous. Tous, ils font tous ça. Ces coups d'oeil en arrière. Cette nostalgie de je n'sais quoi, cette ancre de merde qui se lève jamais vraiment.
Et pourquoi ? Bin c'est toujours la même rengaine. On préfère s'accrocher à ce qu'on connait parce que c'est moins flippant. C'est plus sûr. C'est moins douloureux.
Quand on trouve un truc chouette, c'est forcément une arnaque. Alors on s'en écarte.
Putain c'est grandiose. On déconne vraiment de façon grandiose.
Juste pour voir.
Trébuchant, claudiquant, et repartant de plus belle. Puis ya un moment où t'y crois un peu plus, alors les foulées sont plus grandes, tout comme les risques.
Et tu te met à bousculer tout ce merdier sur ton passage. Ces gens, ces encombrements qui surgissent sur ton trottoir et qui chient sur les pavés. Tu fais place nette.
Et sans t'en rendre compte, t'en pètes des barricades en construction, tu fous en l'air ces rangements minutieux et fragiles, et tant pis. C'est tout ce que tu te dis en jetant un oeil sur ton sillon.
Mieux toi que eux, hein ?
Parce qu'au fond, tu les hais tous ces gens.
Tes amis, ta famille, tes collègues, ton facteur, ton dentiste et même tes coups d'coeur.
Et cette solitude, c'est finalement ça qui te fais avancer. Parce que tu n'aimes que toi, que tu ne te soucies que de toi, que tu ne cherches que ton propre bien. Les autres peuvent bien attendre. Ou crever. Ou attendre de crever.
Mais pas toi. Toi tu peux pas.
Puis y'a un moment où tu croises quelqu'un de spécial qui te rend spécial. Qui fait ressortir de toi le meilleur et qui expatrie le pire dans une galaxie lointaine, très lointaine.
Episode V : les emmerdes contre-attaquent.
C'est dans ces rencontres que tout change pour toi. Que tu te dis "putain, c'est enfin arrivé ! J'ai buté tous ces gens sur mon passage, dans mes tentatives atroces de sortir de ce foutoir. Alors ouais, j'suis prêt."
Et l'autre te dit merde.
Te dit que c'est chaud, que c'est les doutes, que c'est les emmerdes qui contre-attaquent et que rien n'est sûr. Que t'es sur une corde à linge, mais qu'on peut quand même essayer. Puis si tu tombes, ce sera la corde au cou, mais la nuque elle pète jamais sous le choc. Alors on y va, à l'aveuglette, sans certitudes, mais oui plein de doutes. Des kilotonnes de doutes. Des doutes et des redoutes et quand ça va mieux, c'est jamais pour très longtemps.
Mais c'est tout ce qu'il reste à faire. De tout laisser passer. De faire ce que tu peux. De tout donner. Te donner.
Tout en te demandant "putain, mais c'est quand que je vais me croûter ?"
Bin c'est toujours quand l'autre l'a décidé.
Parce qu'en fait c'est des conneries tout ça. Quand tout va bien, pourquoi ce serait forcément compliqué ? Y'a pas de raison qui légitime ça. C'est juste simple. C'est simplement bien. Et ces doutes ou ce passé qui s'accroche à ton cul comme un string velcro, c'est du flan.
Ça se balaye d'un revers de main. Si tant est que tu le souhaites.
Parce que ouais, quand on se regarde, tout est parfait.
Mais tous. Tous, ils font tous ça. Ces coups d'oeil en arrière. Cette nostalgie de je n'sais quoi, cette ancre de merde qui se lève jamais vraiment.
Et pourquoi ? Bin c'est toujours la même rengaine. On préfère s'accrocher à ce qu'on connait parce que c'est moins flippant. C'est plus sûr. C'est moins douloureux.
Quand on trouve un truc chouette, c'est forcément une arnaque. Alors on s'en écarte.
Putain c'est grandiose. On déconne vraiment de façon grandiose.
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